A l’équipe de « éditorial Bamara e-book »

« Je joins mes réflexions de l’an dernier, sur la situation du basket centrafricain, la photo de l’équipe des Rapides, celle de la remise de la Coupe Barthélémy Boganda par Jean-Bedel Bokassa, l’équipe des Nikpa, ainsi qu’une photo avec le ministre français de la Justice, M. Dominique Perben, et son conseiller technique, le magistrat Hugues Berbain, à l’occasion de l’inspection de la maison d’arrêt de la Seine-Saint-Denis, dont j’étais alors le directeur, chef d’établissement.

Désormais, je suis à la retraite et intervient épisodiquement en qualité de consultant expert, auprès de l’Union européenne, dans le cadre du Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJU), dans les pays africains qui en font la demande.

Très cordialement,

Prosper INDO (ancien basketteur international centrafricain).

Réflexions sur l'avenir du basket-ball centrafricain.

Ce texte vient en appui au document relatif aux Termes de référence des États Généraux du Basket-ball en Centrafrique.

I –  Constat.

1° - Un État ou une Nation en crise n'a jamais produit l'excellence ; les infrastructures de mauvaise qualité génèrent toujours une superstructure sociale et mentale médiocre.

2° - Le basket-ball centrafricain était renommé pour plusieurs raisons objectives et subjectives, sans que l'on sache précisément lequel critère était le plus influent :

  • a) des hommes et des femmes de qualité qui ont su manager les instances fédérales sans parti-pris politique, ethnique ou clanique, dans le plus strict bénévolat, y engageant parfois leur patrimoine personnel ou leur surface de crédit ;
  • b) des institutions scolaires, surtout catholiques, qui avaient fait de l'éducation physique et sportive une matière à part entière de leur programme, avec des professeurs attentifs au développement physique et mentale de leurs élèves ;
  • c) une jeunesse centrafricaine solidaire, vertueuse et ambitieuse, ayant fait de la réussite scolaire sa première vertu ;
  • d) des salariés des administrations, entreprises publiques ou privées, pratiquant le basket en amateurs désintéressés, débarrassés de tout esprit de lucre ou de primes, sans autre motivation que la renommée de leur « boîte » ;
  • e) une coopération internationale bienveillante, active et innovatrice (l'ambassade des États-Unis d'Amérique projetait dès 1965-67 les matchs de la NBA ou faisait venir à Bangui les Harlem Globe Trotter) ;
  • f) un pouvoir politique protecteur mais sans contrainte partisane, etc.

II – Objectif.

1° - L'objectif général vise la relance globale du basket-ball centrafricain.

2° - Cet objectif doit cependant être décomposé en objectifs spécifiques, selon un ordre de priorités préférentielles, telles que :

  • moderniser l'organisation et le fonctionnement de la FCBB (Fédération Centrafricaine de Basket-Ball) ;
  • recréer un esprit « Espoirs » du basket-ball ou une académie ;
  • relancer le basket-ball scolaire et universitaire ;
  • quel statut pour le sponsoring ;
  • quel type de rapports entretenir entre les basketteurs centrafricains évoluant à l'étranger avec un statut professionnel et les amateurs restés au pays ; etc.

III – Débat.

1° - Les questions à débattre portées par le document de référence sont bien listées. Il convient cependant de les traiter au bon niveau, en ciblant les domaines de responsabilité de chaque instance :

  • quel est le rôle de l’État (ministère des sports) et ses moyens d'action ;
  • qu'attendre des institutions scolaires et universitaires ;
  • quel rôle pour les maires et les communes ;
  • le leadership de la FCBB est-il bien compris par tous ;
  • quelle place pour les clubs sportifs civils ; etc.

IV – Organisation et conduite des travaux.

1° - Le recours à la formule des États Généraux, très prisés en ce moment en RCA est une procédure trop lourde et dispendieuse. Les expériences conduites jusqu'à ce jour n'ont pas donné les résultats escomptés : États généraux de la défense, États généraux de la justice, forum inter-centrafricain de Bangui, etc.

 

2° - Il conviendrait de retenir une formule plus légère et plus simple, avec :

  • a) Un comité de pilotage, dont le rôle serait de mener des enquêtes auprès des différentes parties prenantes à la réforme du secteur basket-ball ; les progrès du numérique permettent désormais de mener des enquêtes sur le terrain, par téléphone, courriels ou courriers, ou déplacements de 2 ou 3 personnes sur le terrain, sans nécessairement déplacer tous les acteurs à Bangui. Le recours au Comité de pilotage évite les frais de transports et d'hébergement d'une centaine de personnes, comme prévus dans l'organigramme des Termes de référence.
  • b) A l'issue de l'analyse des résultats de cette enquête, le Comité de pilotage pourra établir,
  • un plan d'actions à court terme pour les recommandations ne nécessitant pas de ressources financières ;
  • des projets à moyen terme pour les propositions exigeant des ressources humaines et/ou financières adaptées ;
  • des recommandations à long terme.
  • c) Un Comité de validation, constitué autour du ministre des sports, du président du CNOSCA et du président de la FCBB aura pour charge d'arbitrer entre les propositions ainsi classifiées, en décidant :
  • des actions à mener ;
  • de l'opérateur responsable de chacune des actions programmées ;
  • du calendrier ou des délais impartis ;
  • des moyens concédés, en besoin de financement, en ressources humaines, en matériels infrastructures.

 

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